À la découverte de la Mwelu Foundation : mon expérience en tant que stagiaire


Découvrir un partenaire d’Africalia, la Mwelu Foundation (Mathare, Kenya) avec les yeux, la sensibilité et l’enthousiasme d’un étudiant.
Quand un étudiant – une étudiante en l’occurrence – de Namur, Dina Seck, pleine d’excitation mêlée d’une pointe d’appréhension met le pied à l’étrier pour aller découvrir l’Afrique qui bouge. L’émerveillement de Dina est communicatif. Durant son stage, ce qu’elle aura d’abord découvert et qui l’a séduite et enthousiasmée, c’est la passion de celui qui a créé ce projet de (...)

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Découvrir un partenaire d’Africalia, la Mwelu Foundation (Mathare, Kenya) avec les yeux, la sensibilité et l’enthousiasme d’un étudiant.

Quand un étudiant – une étudiante en l’occurrence – de Namur, Dina Seck, pleine d’excitation mêlée d’une pointe d’appréhension met le pied à l’étrier pour aller découvrir l’Afrique qui bouge. L’émerveillement de Dina est communicatif. Durant son stage, ce qu’elle aura d’abord découvert et qui l’a séduite et enthousiasmée, c’est la passion de celui qui a créé ce projet de développement par la culture, en l’occurrence la photographie, et de la dizaine de personnes dynamiques constituant l’équipe de la fondation.

L’étudiante de Namur s’est vite sentie membre de leur "famille". Et nous fait découvrir de l’intérieur leur dynamisme et son considérable impact sur la vie présente et l’avenir d’un grand nombre de jeunes et de moins jeunes, surtout de bidonvilles proches. A qui ils offrent outre du rêve, surtout un socle qui leur permette de se dessiner un avenir plus enthousiasmant que celui que le sort leur aurait réservé.

Lisez l’article de Dina Seck ci-dessous ou téléchargez le au format pdf en cliquant ici.

 


 

À la découverte de la Mwelu Foundation : mon expérience en tant que stagiaire

Je m’appelle Dina Seck. Je suis étudiante en 3ème année en coopération internationale à la Haute école provinciale de Namur. Lors de cette dernière année, nous avons la chance de pouvoir effectuer un stage de trois mois dans une organisation au Sud. C’est dans ce cadre que je suis partie au Kenya, pleine d’excitation mêlée d’une pointe d’appréhension, pour rejoindre la Mwelu Foundation le 1er février 2016. A cet instant, je n’avais encore qu’une vague idée du déroulement du stage mais j’étais heureuse d’avoir l’opportunité d’intégrer une organisation qui travaille dans le secteur très spécifique de la « culture et du développement ».

La Mwelu Foundation, un des partenaires d’Africalia, a été créée il y a quelques années par Julius Mwelu, un passionné de photographie, qui est né et a grandi à Mathare. Il souhaitait enclencher un changement positif au sein de sa communauté tout en partageant sa passion. Les activités d’initiation à la photographie et à la vidéo s’adressent aux jeunes de Mathare, un des nombreux bidonvilles qui environne Nairobi.

La Mwelu Foundation est une petite organisation de moins de dix employés. La grande majorité du personnel est issu de Mathare, ce qui lui confère une ambiance très familiale. Mon intégration au sein de la « famille » fût très rapide. Dès le premier jour, je fus accueillie chaleureusement par mon maître de stage, Alexander Thungu, le team leader de l’organisation, ainsi que par de beaux sourires, des blagues et milles et une question des jeunes.

Durant le stage, j’ai accompagnés les « senior membres », les bénéficiaires les plus âgés de l’ONG, qui enseignent la photographie dans différentes écoles de Mathare. Avant de devenir formateur, ils ont d’abord été élèves eux-mêmes de la Mwelu Fondation. Leurs témoignages m’ont beaucoup aidé à mesurer l’impact des activités de l’organisation et en particulier les cours de photographie, dans la vie des bénéficiaires. Beaucoup m’ont parlé de l’organisation comme de leur famille et des locaux comme un endroit agréable, où il fait bon vivre. « Je préfère être ici plutôt qu’à n’importe quel autre endroit du bidonville qui pourrait m’influencer négativement », m’a par exemple confié Judith Atieno une bénéficiaire de 20 ans. « L’organisation, c’est ma famille et même si j’ai d’autres projets à l’extérieur du slum, je repasserai toujours ici. On ne quitte jamais vraiment sa famille  » ajoute James Ekwam, un autre bénéficiaire de 25 ans.

Alex Thungu m’a aussi encouragé à mettre en place ma propre activité artistique avec les bénéficiaires intéressés. J’ai donc lancé une activité de « dessins à thème » avec des enfants de 11 à 13 ans. Le dessin n’était qu’un outil pour amener les enfants à discuter d’un sujet que j’avais préalablement choisi (par exemple : les conditions de vie dans le bidonville, les différentes religions et leurs cohabitations, les guerres dans le monde…). Ces enfants étant à un âge où ils sont très curieux et avide d’apprendre, nous avons pu avoir des échanges très riches.

Durant ces trois mois de stage, j’ai donné le meilleur de moi-même. Mais cela ne représente que peu de choses en comparaison avec tout ce que j’ai appris durant mon séjour. Les rencontres, les discussions, les échanges… ce sont ces moments qui m’ont le plus touché et marqué. Cette expérience m’a aussi ouvert les yeux sur certaines choses. J’ai compris en me « promenant » dans le bidonville que si la pauvreté y est flagrante, les bagarres de gang, la drogue et la violence à outrance ne le sont pas. Cette image simpliste des « ghettos » qui était inscrite dans ma tête, ainsi que dans celle de nombreuses personnes, n’est le reflet que d’une partie infime de la réalité des conditions de vie dans un bidonville. Si je ne devais retenir qu’une seule image de Mathare, ce serait sans aucun doute la horde d’enfants jouant, riant et criant dans les rues du bidonville, souvent en uniforme scolaire, à proximité d’une des nombreuses écoles que compte Mathare.

 
Dina Seck,
Etudiante en 3ème année en coopération internationale
Haute école provinciale de Namur