Georges Yameogo

Sénégal - Photographie

Georges Yameogo


Georges Apollinaire Gobtiguida YAMEOGO

  • ÂGE : 40
  • PAYS de résidence : SENEGAL
  • VILLE : DAKAR
  • DISCIPLINE ARTISTIQUE : PHOTOGRAPHIE
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L’artiste

Quelques mots sur votre parcours artistique

J’ai appris la photographie, très jeune auprès de mon oncle, dont le studio était, dans les années 90, le seul de la ville. Je l’assistais et nous photographions la vie des gens. C’est tout naturellement que je me suis orienté vers une carrière de photographe par la suite.

Depuis combien de temps êtes-vous artiste ?

C’est en 2011 pendant la crise en Côte d’Ivoire que je suis devenu photographe professionnel.

Pourquoi avez-vous postulé à cette bourse ? En quoi la bourse va vous soutenir ?

Jai postulé à cette bourse car Africalia est un excellent partenaire, pour diffuser le message que je porte à travers ce projet et également pour faire connaître mon travail. La bourse est un grand soutien financier qui me permet de boucler mon budget et d’exécuter ce projet PALUCOVID.

Quels sont vos objectifs artistiques concrets après cette résidence ?

L’objectif est que cette œuvre photographique puisse participer à une exposition afin de garder la trace de l’action menée.

Georges Yameogo - Palucovid

Sa résidence

Qu’avez-vous accompli au cours de cette résidence de création ? Quel est le résultat (œuvre créée) ? Qui a été impliqué dans le processus de création ?

La bourse d’Africalia m’a permis d’entrer en résidence de création. Ma démarche de création s’est déroulée en trois phases. La première étape fut consacrée au repérage des décors, à un casting des modèles et à des tests de shooting.
La seconde étape a consisté au shooting à proprement parlé dans la ville de Dakar et en Casamance. L’action sur le terrain a suscité beaucoup de curiosité et cela a été l’occasion de sensibiliser sur la nécessité de porter le masque, et de se protéger contre paludisme en évitant de laisser les eaux stagnantes autour de soi. La moustiquaire a été présentée comme un moyen de protection.
La phase 3 était consacrée à la sélection et au traitement des photos pour aboutir à l’œuvre que je vous livre à présent qui est un diaporama sur fond musical, faisant défiler les photos.

Comment estimez-vous que ces activités permettent une réflexion sur le monde actuel, en lien avec la crise du COVID-19, et/ou sur la construction du futur ?

Les statistiques s’accordaient à dire que la COVID-19 ferait un très grand nombre de victimes en Afrique. Bien que cela ne se soit pas produit, il y’a lieu d’admettre que cette pandémie a révélé la faiblesse des systèmes sanitaires et des couvertures sociales dans nos pays.
Pour une fois, nous sommes témoin d’une situation où tous les pays se sentent concernés : une crise qui menace la survie de l’espèce humaine. Mes activités s’inscrivent dans un contexte où c’est le temps de l’introspection sur nos choix socio-économiques et nos modèles de société. C’est un environnement favorable pour être force de proposition et diffuser de nouvelles idées avec l’espoir que cela fasse écho au sein des décideurs et des populations. Mes activités portent cette intention, participer à l’avènement d’un nouveau paradigme où chaque citoyen sera traité avec dignité, où la collaboration remplace la compétition.

Quel a été votre ressenti durant la résidence ? Et au sortir de celle-ci ?

Le ressenti au cours de la résidence est profond car je me rends compte que la covid19 est en quelque sorte l’enfant de la mondialisation. Elle touche désormais à tous les aspects de la vie sociale et, surtout à l’économie, moteur des sociétés dites modernes. Sans cette mondialisation et la vitesse à laquelle les hommes se déplacent aujourd’hui, peut-être que le virus se serait limité à Wuhan. Durant cette résidence j’ai été confronté à la dure réalité de certaines personnes vivant dans les villages et les quartiers populaire et n’ayant pas d’espace à domicile pour respecter les mesures de distanciation.
Les premières difficultés que j’ai rencontrées étaient déjà au niveau du casting, pas de présence féminine. J’ai dû travailler à 70% avec des sujets que je connaissais déjà bien avant la covid19.
Il faut dire que cette crise a renfermé un peu plus les familles qui sont devenues difficile d’accès et rendu les personnes méfiantes. J’ai eu du mal car certains lieux publics étaient interdits. Je suis satisfait à 80 % du résultat, je pense pouvoir faire mieux si l’on avait plus de temps.