Insa Bodian

Sénégal - Théâtre & Danse

Insa Bodian


Insa Bodian

  • ÂGE : 31 ans
  • PAYS de résidence : Sénégal
  • VILLE : Ziguinchor
  • DISCIPLINE ARTISTIQUE : Théâtre-Danse
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L’artiste

Quelques mots sur votre parcours artistique

Formé au jeu d’acteur, en Arts de la Scène, aux techniques de théâtre d’intervention sociale. Je suis le directeur artistique de la compagnie de théâtre Karengu de Diabir en Casamance. Je collabore actuellement avec la chorégraphe belge Céline Curvers sur un projet solo de danse théâtre (création en 2020-2021)

Depuis combien de temps êtes-vous artiste ?

Depuis 2012 (après la magnifique rencontre avec le metteur en scène belge Armel Roussel) jusqu’à aujourd’hui, et encore demain…

Pourquoi avez-vous postulé à cette bourse ? En quoi la bourse va vous soutenir ?

Cette bourse me donne un élan vital. Le seul moyen pour moi de continuer à créer dans le contexte de survie actuel lié au Covid-19. Cette bourse me permettra d’exprimer par ma pratique artistique tout ce qui se chamboule en moi depuis le confinement.

Quels sont vos objectifs artistiques concrets après cette résidence ?

Continuer à créer dans l’espace public pour toucher le plus grand nombre et permettre le lien social ; Continuer à inventer un langage corporel personnel lié à mon histoire.

Sa résidence

Qu’avez-vous accompli au cours de cette résidence de création ? Quel est le résultat (œuvre créée) ? Qui a été impliqué dans le processus de création ?

Grâce à la bourse d’Africalia, j’ai pu entamer l’exploration et finaliser l’écriture d’une phrase de danse qui sera partagée dans l’espace public. Pour pouvoir toucher le plus grand nombre de spectateurs, j’ai fait un repérage photos des lieux qui seront choisis pour partager le travail avec le public.

Toujours grâce à la bourse, j’ai pu approfondir mon exploration artistique, directement en lien avec le Corona, et chercher une phrase de mouvements inspirée par le confinement (dans ma chambre, en intérieur).

Les personnes impliquées sont :

  • Céline Curvers, chorégraphe belge, avec qui un travail de composition théâtre-danse avait été entamé à Ziguinchor avant le confinement. Malgré la distance, elle a pu me faire des retours et continuer à me soutenir tout au long du processus de création.
  • Vieux Capitaine, secrétaire de la Cie Karengu de Diabir qui m’a prêté une chambre pour pouvoir être plus proche du lieu de répétition
  • Sané Lansana, qui m’accompagne partout avec le téléphone pour filmer les étapes de travail
  • Papa Mandian, qui m’aide pour tous les aspects techniques

Comment estimez-vous que ces activités permettent une réflexion sur le monde actuel, en lien avec la crise du COVID-19, et/ou sur la construction du futur ?

Je pense que le résultat obtenu tout au long de la résidence peut ouvrir une réflexion profonde sur le monde actuel parce que je crois en la force de l’apport de l’activité artistique sur les gens.
Les éléments présents dans la chorégraphie sont faits d’images fortes qui illustrent mes préoccupations : une corde élastique qui attache mes pieds pendant que je danse (pour montrer la soumission que nos dirigeants nous impose), une veste avec des sachets en plastique sur le dos (pour montrer l’incohérence de la gestion des déchets), un masque qui couvre mon visage (qui fait référence au Covid 19 mais aussi au manque d’écoute de nos dirigeants pour construire le futur : par rapport à la culture, au problèmes de santé, d’éducation,…)

Quel a été votre ressenti durant la résidence ? Et au sortir de celle-ci ?

Durant la résidence, j’ai réussi à trouver beaucoup d’énergie pour le projet. J’ai trouvé aussi une régularité dans la méthode de mon travail. J’ai organisé mon planning de façon très constructive, la bourse me permettant de ne me consacrer qu’à ce projet. J’ai pu prendre le temps pour essayer de nouvelles choses. Comme j’ai fait beaucoup de créations théâtrales, cette recherche par la danse m’a permis de trouver un nouveau langage d’expression lié au mouvement, à l’utilisation du corps. Ce qui m’a permis de me libérer des tensions que je ressentais (et que je continue à ressentir) liées au confinement.

Je suis content du résultat même si je dois avouer que j’ai rencontré des difficultés liées à l’isolement face à la création (l’absence de contacts avec mes amis artistes) et des difficultés liées à la météo. De fortes pluies ont rendu parfois le travail en extérieur compliqué. J’ai heureusement pu surmonter cela grâce au soutien que j’ai eu de la part de mon entourage.