Gideon Jeph Wabvuta

Zimbabwe - Theatre & Ecriture

Gideon Jeph Wabvuta


Gideon Jeph Wabvuta

  • ÂGE : 32
  • PAYS de résidence : ZIMBABWE
  • VILLE : HARARE
  • DISCIPLINE ARTISTIQUE : ÉCRIVAIN / ACTEUR
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L’artiste

Quelques mots sur votre parcours artistique

Gideon Jeph Wabvuta est un écrivain qui travaille dans le théâtre et la télévision. Son but ultime dans la vie est de recadrer et de récupérer le récit africain à travers le théâtre, la télévision et le cinéma.

Depuis combien de temps êtes-vous artiste ?

Je suis suis artiste depuis 2008.

Pourquoi avez-vous demandé cette bourse ? Comment la bourse vous soutiendra-t-elle ?

La bourse me permet effectivement de faire mon travail et créer sans me soucier de devoir payer mon loyer. Ce sont ces types de subventions qui permettent à un écrivain de se concentrer uniquement sur la création d’un travail qui change la vie.

Quels sont vos objectifs artistiques concrets après cette résidence ?

Pour écrire plus de pièces et collaborer avec d’autres créateurs ; pour créer dans un monde où nous sommes tous enfermés.

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Sa résidence

Qu’avez-vous accompli au cours de cette résidence de création ? Quel est le résultat (œuvre créée) ? Qui a été impliqué dans le processus de création ?

L’aspect le plus important pour un dramaturge est la capacité à collaborer avec des acteurs, des metteurs en scène et un dramaturge. Le fait que j’ai pu impliquer plus de huit personnes dans mon projet dès la phase de conception alors que j’étais encore en train de dessiner la pièce a été un énorme succès. J’avais un dramaturge dont le seul but était de me garder honnête quant à la façon dont je représentais mes personnages. Ils contestaient régulièrement mes décisions, m’incitant à réfléchir plus sérieusement à mes choix d’écriture. Impliquer les acteurs était la joie ultime, ils se sont impliqués dans le processus, ils m’ont mis au défi, ils ont été égoïstes avec leurs personnages, ce qui a aidé parce que cela a rendu clairs les personnages que j’avais écrits. Le résultat final est un travail en cours. Au théâtre, nous disons toujours qu’une pièce n’est pas terminée tant qu’elle n’est pas jouée. Donc, ma pièce sera réécrite par différents acteurs pour alimenter le processus. Je suis enthousiaste à l’idée de pouvoir utiliser cette pièce pour postuler à différentes opportunités dans le monde de l’écriture théâtrale. Le plus important est d’avoir les fonds nécessaires pour payer mes acteurs et mon dramaturge.

Comment estimez-vous que ces activités permettent une réflexion sur le monde actuel, en lien avec la crise du COVID-19, et/ou sur la construction du futur ?

Cette pièce se déroule dans un monde sans Covid-19 mais l’expérience de création a été fortement remise en cause par la pandémie. Pour commencer, je suis un écrivain qui aime écrire dans les espaces publics, l’ambiance des gens qui parlent et marchent éveille ma créativité. Ici, j’étais coincé dans ma chambre, à écrire jour et nuit. De plus, en tant qu’écrivain très visuel, j’ai l’habitude d’entrer dans un espace et de travailler ma pièce avec des acteurs, mais cette fois-ci, j’ai dû recourir à Zoom. Cela n’a pas été facile car nous avions des problèmes de connexion, même le jour de la lecture nous avions des acteurs qui entraient et sortaient. Je pense que c’est le monde dans lequel nous vivons maintenant, c’est un monde virtuel et malheureusement, plus on est en bas de la pyramide, plus il devient difficile d’accéder au théâtre ou à toute autre forme d’art. Je pense que l’avenir du théâtre est définitivement en ligne. On ne peut rien y faire et le fait que nous apprenions à utiliser Zoom pour des pièces de théâtre est remarquable, c’est là que nous allons, et nous ne pouvons pas changer cela. Je pense que ce processus m’a vraiment fait prendre conscience de l’inégalité des richesses, d’innombrables acteurs que je ne pouvais pas engager parce qu’ils n’avaient pas le Wi-Fi chez eux. Cela doit bien sûr changer, nous devons trouver des moyens de rendre les choses plus équitables.

Quel a été votre ressenti durant la résidence ? Et au sortir de celle-ci ?

Le processus de création de la pièce n’a pas été facile. Le stress de devoir abandonner ses routines de création m’a fait perdre la tête. Ce qui était pire, c’était bien sûr les problèmes sociopolitiques du monde auxquels nous pouvions échapper en allant voir un film, en regardant du sport, mais maintenant je ne pouvais plus, je devais être à l’intérieur 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. J’ai réalisé au bout de quelques semaines, alors que j’avais du mal à écrire, que tout ce que j’avais à faire était de créer de nouveaux rituels. J’ai commencé à faire plus de promenades pour me détendre, j’ai mis de la musique pendant que j’écrivais et surtout, j’ai beaucoup lu. Cela m’a aidé à créer des conditions qui m’ont permis de m’asseoir dans ma chambre et de créer. Le travail n’est pas à son meilleur niveau mais le fait qu’il y ait des mots sur la page et qu’il y ait un enregistrement d’une lecture, me permet de travailler sur la pièce et de la faire grandir.