Christiana Tabaro

RDC - Théâtre

Christiana Tabaro


Christiana Tabaro

  • ÂGE : 30 ans
  • PAYS de résidence : République démocratique du Congo
  • VILLE : Kinshasa
  • DISCIPLINE ARTISTIQUE : Théâtre
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L’artiste

Quelques mots sur votre parcours artistique

En 2011, j’ai créé, avec Michael Disanka, le collectif d’Art-d’Art. Un espace d’échange et de création où je réalise plusieurs projets présentés aux deux Congo, en Zambie, au Zimbabwe, en Belgique et en France. Depuis 2013, je présente le « seule en scène » Parole de femme, coécrit avec deux coauteurs.

Depuis combien de temps êtes-vous artiste ?

Depuis 10 ans, j’ai opté pour un théâtre de recherche centré sur mon expérience puisant dans la bibliothèque de ma vie.

Pourquoi avez-vous postulé à cette bourse ? En quoi la bourse va vous soutenir ?

On se doit de contrer la peur de ne plus pouvoir travailler, de ne pas pouvoir contribuer à la reconstruction de la société de demain parce qu’on n’a pas réussi à réunir les fonds nécessaires pour tel ou tel projet qui nous semble cependant essentiel aujourd’hui.

Quels sont vos objectifs artistiques concrets après cette résidence ?

Faire découvrir, entamer des discussions sur le théâtre contemporain à un plus grand nombre des gens dans la commune de Ngaliema où je vis.

Sa résidence

Qu’avez-vous accompli au cours de cette résidence de création ? Quel est le résultat (œuvre créée) ? Qui a été impliqué dans le processus de création ?

« Arrêt sur théâtre » consistait à réaliser deux représentations théâtrales, d’à peu près 20 minutes chacune, dans deux arrêts de bus dans la commune de Ngaliema à Kinshasa. Deux comédiennes, un comédien et trois musiciens ont pris part dans le processus de création. Après 3 jours passé à chaque arrêt de bus, deux vidéos filmées sur les deux places ont été mis en ligne sur youtube.

Comment estimez-vous que ces activités permettent une réflexion sur le monde actuel, en lien avec la crise du COVID-19, et/ou sur la construction du futur ?

Maintenant plus que jamais les gens ont besoin du théâtre. Dans ces périodes difficiles où tout commence à reprendre petit à petit, le théâtre se retrouve à un niveau où il est plus que nécessaire de se battre pour qu’il existe ici en RDC. Sinon, cette société congolaise actuelle n’aura plus d’endroit où les gens peuvent se poser tranquillement pour réfléchir à leur avenir ; à leur existence. C’est ce à quoi renvoi « arrêt sur théâtre ». Non seulement il est question de l’avenir du théâtre mais aussi de ce qu’il faut dire maintenant après tout ce qui vient de se passer, pour préparer l’avenir.

Quel a été votre ressenti durant la résidence ? Et au sortir de celle-ci ?

Je suis satisfaite du résultat de mon travail. Certes, nous avons rencontré des difficultés ... Jouer sur un arrêt de bus à Kinshasa n’est pas une chose facile, surtout quand les gens ne sont pas informés à l’avance. Le surpeuplement qu’il y a aux arrêts de bus, les embouteillages qui n’arrêtent pas, les gens qui se bousculent à tout moment pour entrer dans un taxi, tout ceci a été difficile pour nous de gérer mais vu que cela ne nous surprenait pas, nous avons joué avec ça et cela a marché.
Je crois que si nous avons été capables de nous en sortir sans incident vu l’engouement que cela a produit tout autour, c’est parce que les gens ont prouvé qu’ils ont besoin du théâtre dans leur vie. On le savait et ils le savent aussi. A cet endroit, nous nous sommes rencontrés. Cette rencontre était la chose qu’il nous fallait durant ce choc dû à la Covid pour peut-être guérir quelque chose en nous fracassée par ce virus.

Son œuvre

Arrêt sur théâtre